Vos analyses sont « normales » : 10 marqueurs à regarder de plus près
Votre fatigue, elle, ne l'est pas.
Bilans « normaux » ne veut pas toujours dire « plus rien à explorer ». Ce guide vous aide à identifier quelques angles morts fréquents et à préparer une consultation plus précise — sans tomber dans l'auto-diagnostic.
Dr Rémy Honoré - Docteur en pharmacie, nutrithérapeute
🔬 20 sources PubMed
En 30 secondes
Un bilan « normal » ne dit pas toujours la vérité
Les bornes des laboratoires sont statistiques, pas optimales. Une valeur dans la norme peut coexister avec une fatigue bien réelle.
Ce guide a été conçu pour une chose : vous aider à préparer votre prochaine consultation. Ni diagnostic, ni auto-médication. Des repères pour poser les bonnes questions à votre médecin.
1
Bornes ≠ optimum
Une ferritine à 22 µg/L est « normale » mais souvent insuffisante en cas de fatigue.
2
Le contexte prime
Un chiffre isolé ne dit rien. C'est la trajectoire et l'ensemble qui comptent.
3
Préparer le RDV
Arriver avec 3 questions ciblées plutôt que 10 marqueurs en tête.
⚠ Signes d'alerte
Quand consulter rapidement, sans attendre ce guide
La fatigue n'est pas toujours « juste » de la fatigue. Une consultation rapide est importante si elle s'accompagne par exemple :
essoufflement inhabituel ou apparition brutale ;
douleur thoracique, palpitations marquées, malaise ou syncope ;
perte de poids involontaire, fièvre prolongée, sueurs nocturnes ;
Ce guide concerne les fatigues qui traînent, avec un bilan déjà réalisé et sans signe d'alerte évident. En cas de doute, un avis médical rapide reste la priorité.
Mode d'emploi
Comment utiliser ce guide
Ce guide n'a pas pour but de vous faire demander dix analyses d'un coup. Il sert à vous aider à :
repérer quelques angles morts fréquents quand la fatigue persiste malgré des bilans dits « normaux » ;
préparer une consultation avec des questions plus précises ;
mieux relier vos symptômes, leur chronologie, et certains marqueurs parfois peu explorés.
L'idée n'est pas de tout cocher. L'idée est de repartir avec deux ou trois pistes pertinentes à discuter, en fonction de votre contexte.
La thèse du guide
Ce que « normal » peut vouloir dire
Un résultat « dans la norme » ne signifie pas toujours :
que tout a été exploré ;
que le bon marqueur a été demandé ;
que le résultat a été interprété dans le bon contexte ;
que l'évolution dans le temps a été prise en compte.
En médecine, la question n'est pas seulement « est-ce normal ? » mais aussi : « est-ce cohérent avec mes symptômes, mon histoire, et les autres résultats ? »
Avant de lire
Tous les marqueurs n'ont pas le même rôle
Dans la pratique, on peut lire les dix blocs qui suivent en trois groupes. L'intérêt n'est pas d'ouvrir toutes les pistes, mais d'identifier les plus cohérentes avec votre histoire.
1. Repères à fort rendement
Aident souvent à repérer une cause fréquente ou un bilan incomplet (ferritine, TSH, NFS, vitamine D).
2. À discuter selon les symptômes
Utiles si certains signes ou antécédents les rendent plausibles (CRP-us, B12, ionogramme, gamma-GT).
3. Rares, à ne pas manquer
Moins fréquentes mais méritent d'être évoquées si le tableau clinique le suggère (cortisol, bilan rénal fin).
01NFS
NFS : l'analyse la plus demandée, la moins lue
Examen de référence — pratique clinique courante★ Essentiel
La NFS révèle lymphopénie post-virale (défense immunitaire), VGM élevé (carence B12/folates), et anémie légère masquée par des normes larges.
Ce qu'il peut révéler
La NFS donne un panorama des trois lignées sanguines. En contexte de fatigue persistante, trois paramètres sont sous-exploités : les lymphocytes (une lymphopénie persistante a été documentée jusqu'à 20 mois post-COVID), le VGM (un volume globulaire discrètement élevé, au-dessus de 95-100 fL, peut signaler une carence en B12 ou folates même sans anémie), et l'hémoglobine/hématocrite (une anémie légère en bas de fourchette contribue significativement à la fatigue).
Quand s'y intéresser
Fatigue persistante après infection virale, signes de carence (pâleur, essoufflement, glossite), infections à répétition, ou fatigue inexpliquée malgré un bilan standard « normal ».
Les pièges
La NFS est souvent réduite au couple globules blancs/hémoglobine. Les lymphocytes, le VGM et les réticulocytes sont rarement commentés en consultation alors qu'ils apportent des indices précieux. Une valeur en bas de fourchette mérite autant d'attention qu'un résultat hors norme.
La question à poser
« Mes lymphocytes et mon VGM sont-ils stables d'un bilan à l'autre, et que signifierait une tendance à la baisse ou à la hausse ? »
Les trois lignees de la NFS : une valeur en bas de fourchette merite autant d'attention qu'une valeur franchement anormale.
02CRP
CRP : détecter l'inflammation invisible
Signal documenté — données observationnelles◉ Utile selon contexte
La CRP standard rate l'inflammation de bas grade. Demander la CRP ultrasensible (CRP-us) : entre 1 et 3 mg/L, signal pertinent en fatigue persistante.
Ce qu'il peut révéler
La CRP standard ne détecte que l'inflammation franche. La CRP ultrasensible (CRP-us ou hs-CRP) descend jusqu'à 0,1 mg/L et repère l'inflammation de bas grade : entre 1 et 3 mg/L, le signal est pertinent en fatigue persistante, post-COVID ou fibromyalgie.
Quand s'y intéresser
Fatigue chronique avec CRP standard « normale », douleurs articulaires ou musculaires diffuses, suspicion de micro-inflammation post-infectieuse.
Les pièges
La CRP standard affiche souvent « < 5 mg/L » sans plus de précision. Cela ne signifie pas absence d'inflammation : une CRP-us à 2,5 mg/L est potentiellement significative mais invisible sur un dosage classique. La CRP-us est un examen spécifique à demander explicitement.
La question à poser
« Pouvez-vous prescrire une CRP ultrasensible plutôt qu'une CRP standard pour évaluer une éventuelle inflammation de bas grade ? »
Seule la CRP ultrasensible permet d'explorer la zone 1-3 mg/L, souvent pertinente en cas de fatigue persistante.
La CRP-us n'est pas systématiquement demandée
Si votre CRP standard revient « normale » mais que la fatigue persiste, il peut être pertinent de demander à votre médecin si un dosage de CRP ultrasensible serait utile dans votre situation.
03Ionogramme
Ionogramme : l'équilibre silencieux
Examen de référence — biologie clinique◉ Utile selon contexte
Potassium et magnésium bas = fatigue, crampes, palpitations. Le magnésium sérique sous-estime la carence réelle (98 % est intracellulaire).
Ce qu'il peut révéler
L'ionogramme mesure sodium, potassium, chlore et bicarbonates. Un potassium bas (3,0-3,5 mmol/L) provoque faiblesse musculaire, crampes et fatigue. Le magnésium sérique, souvent ajouté au bilan, sous-estime la carence réelle (98 % du magnésium est intracellulaire).
Quand s'y intéresser
Crampes fréquentes, palpitations, fatigue musculaire, prise de diurétiques ou d'IPP au long cours, alimentation déséquilibrée ou restrictive.
Les pièges
Un magnésium sérique normal n'exclut pas une carence intracellulaire. Le sodium bas peut refléter une déshydratation ou un dysfonctionnement hormonal. Des bicarbonates abaissés peuvent signaler une acidose métabolique débutante, parfois liée à un dysfonctionnement mitochondrial.
La question à poser
« Mon potassium et mon magnésium sont-ils dans la fourchette haute ou basse de la norme, et faut-il envisager un magnésium érythrocytaire ? »
Le potassium (K+) est le premier a verifier en cas de fatigue musculaire et crampes — surtout sous diuretiques.
04Créat · DFG
Créatinine et DFG : la fonction rénale, pas seulement pour les seniors
Recommandation établie — néphrologie○ Complément
La créatinine seule est trompeuse (dépend de la masse musculaire). Le DFG estimé (CKD-EPI) détecte une atteinte rénale précoce.
Ce qu'il peut révéler
La créatinine seule est un marqueur imparfait : elle dépend de la masse musculaire. Le DFG estimé (eGFR, équation CKD-EPI) détecte une atteinte rénale précoce que la créatinine isolée peut manquer. L'insuffisance rénale chronique touche 10-13 % de la population adulte et reste largement sous-repérée.
Quand s'y intéresser
Fatigue inexpliquée, œdèmes discrets, hypertension, prise chronique d'AINS ou d'autres néphrotoxiques, antécédents familiaux de maladie rénale.
Les pièges
Chez une personne de faible corpulence ou sarcopénique, la créatinine peut paraître « normale » alors que le DFG est déjà abaissé. La plupart des laboratoires fournissent le DFG automatiquement, mais ce n'est pas systématique.
La question à poser
« Le DFG estimé est-il indiqué sur mon bilan, et quelle est sa tendance sur mes derniers résultats ? »
05Ferritine
Bilan martial : quand la ferritine seule ne suffit pas
Ferritine seule ≠ statut complet. Ferritine + coefficient de saturation + fer sérique : 38 % des femmes sont carencées sans anémie (JAMA 2025).
Ce qu'il peut révéler
La ferritine est un réactant de phase aiguë : elle augmente en cas d'inflammation, masquant une carence réelle. Un bilan martial complet associe ferritine + coefficient de saturation + fer sérique. 38 % des femmes sont carencées en fer sans anémie (JAMA 2025). Un essai randomisé (Verdon, BMJ 2003) a montré 29 % de réduction de la fatigue sous fer vs 13 % sous placebo chez des femmes avec ferritine < 50 µg/L.
Quand s'y intéresser
Fatigue + ferritine < 50 µg/L, règles abondantes, régime végétarien ou restrictif, fatigue post-partum, chute de cheveux inexpliquée.
Les pièges
Une ferritine « normale » en contexte inflammatoire peut masquer une carence fonctionnelle. Croiser avec la CRP et le coefficient de saturation. Inversement, une ferritine élevée isolée n'est pas synonyme de surcharge — elle peut refléter une inflammation ou une cytolyse hépatique.
La question à poser
« Pouvez-vous prescrire un bilan martial complet (ferritine, coefficient de saturation, fer sérique) plutôt que la ferritine seule ? »
Un bilan martial complet associe ferritine, coefficient de saturation de la transferrine et fer serique. La ferritine seule peut etre trompeuse en cas d'inflammation.
La ferritine seule, c'est comme juger un film sur sa bande-annonce : le tableau complet peut raconter une tout autre histoire.
06TSH
TSH, T3L, T4L : le piège de la « thyroïde normale »
Une TSH normale n'exclut pas une dysthyroïdie. TSH + T3L + T4L ensemble révèlent les hypothyroïdies infracliniques que la TSH seule manque.
Ce qu'il peut révéler
La TSH seule ne détecte pas les situations où la conversion T4→T3 est altérée — fréquentes en cas de stress chronique ou post-infection. L'hypothyroïdie subclinique (TSH légèrement élevée, T3L/T4L encore « normales ») est associée à la fatigue, la fragilité et le ralentissement cognitif. Le syndrome euthyroïdien (T3 basse, TSH normale) est documenté dans le Covid long.
Quand s'y intéresser
Fatigue + frilosité, prise de poids inexpliquée, ralentissement cognitif, constipation chronique, peau sèche, cheveux cassants, antécédents familiaux de thyroïdite.
Les pièges
Beaucoup de bilans ne dosent que la TSH. Une TSH normale avec des signes cliniques évocateurs ne suffit pas à exclure un dysfonctionnement thyroïdien. Les normes de TSH sont larges (0,4-4,0 mUI/L) : une TSH à 3,5 peut être « dans la norme » mais déjà symptomatique pour certaines personnes.
La question à poser
« Pouvez-vous prescrire un bilan thyroïdien complet — TSH, T3 libre et T4 libre — plutôt que la TSH seule ? »
La TSH seule ne detecte pas les situations ou la conversion T4 vers T3 est alteree — frequentes en cas de stress chronique ou apres une infection.
L'œil du Docteur en pharmacie
En pratique, beaucoup de bilans standard ne dosent que la TSH. Si elle revient normale mais que vous ressentez des signes évocateurs (fatigue, frilosité, prise de poids inexpliquée, ralentissement), demander un dosage complet TSH + T3L + T4L peut être pertinent.
07Vitamine D
Vitamine D et calcémie : deux pièges en un
Preuve établie — essai randomisé + recommandations◉ Utile selon contexte
Vitamine D basse + calcémie haute = signal d'alerte. Seuil optimal débattu : 30 ng/mL minimum, 40-60 ng/mL selon le contexte.
Ce qu'il peut révéler
La vitamine D (25-OH-D3) est sous-dosée dans les bilans standards. Seuil optimal débattu : 30 ng/mL minimum (normes françaises), 40-60 ng/mL selon le contexte et l'Endocrine Society. L'insuffisance (< 20 ng/mL) est un facteur indépendant de fatigue et de ressentis dépressifs. La PTH (parathormone) est un indicateur plus fin que le taux brut de 25(OH)D.
Quand s'y intéresser
Fatigue hivernale récurrente, douleurs osseuses ou musculaires, faible exposition solaire, peau foncée, supplémentation en vitamine D sans amélioration, suspicion d'hypercalcémie.
Les pièges
La vitamine D active est dégradée par l'enzyme CYP24A1. Certains variants génétiques réduisent cette dégradation : risque d'hypercalcémie même à doses modérées de supplémentation. Le calcium total peut être trompeur si l'albumine est basse : le calcium ionisé est plus informatif.
La question à poser
« Mon taux de vitamine D est-il suffisant pour mon contexte, et faut-il doser la PTH et le calcium ionisé pour compléter le tableau ? »
Un marqueur souvent oublié : la PTH (parathormone). La PTH régule la calcémie en stimulant la production de vitamine D active par le rein. En pratique, c'est un indicateur plus fin que le taux brut de 25(OH)D pour évaluer l'équilibre phosphocalcique. Une PTH élevée avec un 25(OH)D bas oriente vers une insuffisance fonctionnelle en vitamine D (l'organisme compense en stimulant la parathyroïde). À l'inverse, une PTH effondrée (< 15 pg/mL) couplée à une calcémie en hausse est un signal d'alerte qui peut traduire une toxicité émergente de la vitamine D — plus informatif qu'un simple taux de 25(OH)D élevé.
Le piège CYP à connaître. La vitamine D active (calcitriol) est dégradée par une enzyme appelée CYP24A1. Certaines personnes portent des variants génétiques qui réduisent l'activité de cette enzyme : elles peuvent développer une hypercalcémie même à des doses ordinaires de supplémentation, avec un taux de 25(OH)D apparemment modéré. Ce n'est pas le taux qui fait la toxicité, c'est la capacité individuelle à dégrader la forme active. Si vous avez déjà fait des calculs rénaux sous vitamine D ou si votre calcémie monte de façon inattendue, ce mécanisme mérite d'être exploré avec votre médecin. Pour aller plus loin : Vitamine D et hypercalcémie : pourquoi le seuil de sécurité varie selon les individus.
Quant à la calcémie : le calcium total, souvent inclus dans les bilans standards, peut être trompeur. Si l'albumine est basse (dénutrition, inflammation chronique), le calcium total paraît normal alors que le calcium réellement actif (ionisé) est élevé ou diminué. La formule classique de « calcémie corrigée par l'albumine » est de plus en plus remise en question par la littérature récente.[13]
L'œil du Docteur en pharmacie
Si votre bilan montre un calcium total « normal » mais que vous avez des signes évocateurs (crampes, fourmillements, fatigue musculaire), demander le calcium ionisé est plus informatif que la formule de correction par l'albumine. Le calcium ionisé est le gold standard, mais il nécessite un prélèvement spécifique.
08Gamma-GT
Gamma-GT : bien au-delà de l'alcool
Association documentée — données observationnelles○ Complément
Gamma-GT élevées sans alcool = stress oxydatif, stéatose hépatique, médicaments. Marqueur sous-exploité en contexte de fatigue.
Ce qu'il peut révéler
Les gamma-GT reflètent avant tout le statut du glutathion, principal antioxydant intracellulaire. Une élévation même modérée peut signaler une stéatose hépatique non alcoolique (25-30 % de la population), un stress oxydatif chronique, ou un syndrome métabolique débutant — indépendamment de toute consommation d'alcool.
Quand s'y intéresser
Gamma-GT élevées sans consommation notable d'alcool, fatigue associée à un surpoids abdominal, prise chronique de médicaments hépatotoxiques, contexte de résistance à l'insuline.
Les pièges
Les gamma-GT sont souvent réduites à un « marqueur alcool » et ignorées si la consommation déclarée est faible. Pourtant, elles sont repositionnées comme un marqueur métabolique et oxydatif indépendant dans la littérature récente.
La question à poser
« Mes gamma-GT sont élevées alors que je ne bois pas ou peu : faut-il explorer une stéatose hépatique ou un syndrome métabolique ? »
Des Gamma-GT elevees sans consommation d'alcool doivent faire rechercher steatose hepatique, stress oxydatif ou syndrome metabolique debutant.
09B9 · B12
Vitamines B9 et B12 : les carences masquées
Preuve établie — biologie clinique◉ Utile selon contexte
B12 et folates dans les normes ≠ suffisantes. MMA et homocystéine détectent les carences fonctionnelles invisibles au dosage standard.
Ce qu'il peut révéler
Le seuil labo de la B12 (~200 pg/mL) ne reflète pas le seuil fonctionnel : en dessous de 400-500 pg/mL, une carence fonctionnelle est possible. L'acide méthylmalonique (MMA) est le marqueur le plus spécifique de la carence en B12. Les folates (B9) participent au cycle de méthylation et doivent être dosés conjointement.
Quand s'y intéresser
Fatigue + brouillard mental, fourmillements des extrémités, glossite, régime végétarien/végan, prise d'IPP ou de metformine au long cours, homocystéine élevée.
Les pièges
Une supplémentation en folates peut masquer une carence en B12 en normalisant l'homocystéine sans corriger le déficit réel. Doser B9 et B12 ensemble est indispensable. Le zinc sérique baisse en cas d'inflammation : le croiser avec la CRP.
La question à poser
« Ma B12 est dans la norme basse : pouvez-vous prescrire un dosage d'acide méthylmalonique pour vérifier le statut fonctionnel ? »
Zinc sérique : utile, mais avec précaution
Le zinc sérique est souvent demandé, mais son interprétation est délicate. En cas d'inflammation (CRP élevée), le zinc sérique baisse indépendamment d'une carence réelle.[18] Si vous demandez un dosage de zinc, il est essentiel de le croiser avec la CRP pour éviter un faux résultat.
10Cortisol
Cortisol matinal : un screening souvent absent
Signal documenté — endocrinologie○ Complément
Le cortisol matinal (8h) screene l'insuffisance surrénalienne. Rarement demandé en bilan de fatigue, il exclut une cause traitable.
Ce qu'il peut révéler
Le cortisol dosé à 8h du matin dépiste l'insuffisance surrénalienne, cause rare mais sérieuse de fatigue chronique, souvent non recherchée. Un cortisol matinal effondré (< 100-140 nmol/L) oriente fortement vers cette pathologie. Un cortisol normal n'exclut pas une fatigue surrénalienne fonctionnelle : le test de stimulation au Synacthène peut être nécessaire.
Quand s'y intéresser
Fatigue sévère + perte de poids inexpliquée, vertiges au lever, hypotension orthostatique, hyperpigmentation cutanée, antécédent de corticothérapie prolongée.
Les pièges
Ce dosage n'est pas systématique dans les bilans standards. Le cortisol varie fortement selon l'heure : un prélèvement après 10h du matin perd sa valeur diagnostique. Un résultat « normal bas » en contexte clinique évocateur justifie un test dynamique.
La question à poser
« Ma fatigue pourrait-elle justifier un dosage de cortisol matinal à 8h, voire un test au Synacthène si le résultat est limite ? »
Raisonner par contexte
Mieux vaut un profil qu'un symptôme isolé
Un même ressenti de fatigue peut renvoyer à des mécanismes très différents. Ce qui aide souvent le plus à poser les bonnes questions, ce n'est pas seulement l'intensité, mais :
la date de début et le mode d'installation (brutal, progressif, post-infectieux…) ;
un élément déclencheur éventuel (infection, deuil, grossesse, changement de traitement) ;
la variation dans la journée et les épisodes d'aggravation ;
la réponse — ou l'absence de réponse — à ce qui a déjà été essayé.
Selon les cas, certaines associations peuvent aider à prioriser la discussion en consultation : fatigue avec essoufflement et pâleur, fatigue avec règles abondantes, fatigue avec douleurs diffuses et sommeil non réparateur, fatigue avec brouillard mental, fatigue avec vertiges au lever ou palpitations, fatigue avec frilosité et ralentissement, fatigue avec troubles digestifs ou restriction alimentaire, fatigue avec aggravation après une infection.
Ces associations ne sont pas des diagnostics
Elles ne constituent pas une orientation clinique. Elles servent uniquement à vous aider à reconnaître votre propre profil pour en parler plus précisément avec votre médecin, qui reste le seul à pouvoir examiner, synthétiser, et décider.
Pratique
Avant le rendez-vous : 5 informations à noter
Pour rendre la consultation plus utile, notez si possible :
Depuis quand la fatigue a commencé ;
si elle est stable, fluctuante ou en aggravation ;
ce qui l'aggrave clairement (effort, stress, station debout, repas, nuit courte, règles, infection…) ;
les symptômes associés dominants ;
les analyses déjà faites, avec leurs dates si vous les avez.
Cette chronologie a souvent autant de valeur que la liste des symptômes elle-même.
En pratique
Le but n'est pas forcément d'obtenir plus d'analyses, mais des analyses mieux choisies, mieux situées dans le contexte, et mieux interprétées.
Après la lecture
Faites simple
Vous n'avez pas besoin de retenir les dix marqueurs. Essayez plutôt de repartir avec :
1 à 3 pistes cohérentes avec votre situation ;
3 questions précises à poser à votre médecin ;
une petite chronologie de vos symptômes ;
vos derniers résultats si vous les avez.
C'est souvent largement suffisant pour transformer une consultation floue en un échange beaucoup plus utile. Ce guide ne remplace pas le suivi médical : il aide à le rendre plus précis.
Votre outil de consultation
La check-list A4 pour votre prochain rendez-vous
Une page. 10 marqueurs. 3 questions à poser. Conçue pour tenir dans votre dossier médical — et pour aider votre médecin à vous aider.
Sources vérifiées · 20 études PubMed · validées par PMID
Tous les PMIDs vérifiés via PubMed MCP. Zéro PMID non contrôlé.
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